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DMOP : un point sur la thérapie génique et la recherche

Publié le
Vignette Actualité - Chercheuse qui travaille dans un laboratoire

Alors qu’un essai de thérapie génique innovant semble prometteur chez les deux premiers malades traités, les chercheurs continuent d’explorer de nouvelles pistes de traitements ainsi que les mécanismes moléculaires en cause dans des modèles biologiques de la dystrophie musculaire oculopharyngée.

Une thérapie génique qui « annule et remplace », à l’essai chez l’homme

Dans la dystrophie musculaire oculopharyngée (DMOP), il suffit qu’un seul exemplaire du gène PABPN1 comporte une anomalie pour que la maladie s’exprime (autrement qualifiée de maladie autosomique dominante).
La stratégie de thérapie génique mise en place dans cette maladie a une double action : éteindre l’exemplaire du gène anormal, responsable de la maladie (à l’aide d’un ARN interférent) et apporter, en même temps, un exemplaire sain (insensible à l’ARN interférent) qui va venir le remplacer. Après avoir fait ses preuves dans des souris modèles de la maladie, le produit de thérapie génique BB-301 est maintenant en cours d’évaluation aux États-Unis chez 30 adultes de moins de 65 ans présentant des difficultés à avaler due à une atteinte des muscles de la gorge (dysphagie modéré)

Infographie DMOP : Un essais clinique avec le produit de thérapie génique BB-301

Récemment, la société Benitec Biopharma qui développe le BB-301 a annoncé des premiers résultats de cet essai : une amélioration durable et continue de la déglutition chez les deux premiers patients traités par la plus faible dose (6 et 9 mois après traitement), sans effets indésirables significatifs. Cinq patients ont été traités à ce jour par le produit.
- Voir le communiqué de presse de Benitec Biopharma (en anglais)

Des souris modèles soumises à deux types d’exercices physiques

Des chercheurs de l’Institut de Myologie (Paris) ont proposé à des souris modèles de DMOP deux types d’exercices physiques : des exercices d’endurance, à raison de trois séances par semaine de 20 minutes de course sur tapis roulant pendant six semaines et des exercices de résistance mesurés sur un muscle des pattes hypertrophié après ablation de deux autres muscles sur un suivi de quatre semaines. Au final, ce sont les exercices de résistance qui ont entrainé le plus d’améliorations au niveau des muscles, avec une réduction du nombre d’agrégats nucléaires PABPN1, marqueurs de la maladie, et une augmentation de la masse et de la force musculaire des souris. D’autres études chez l’Homme seront toutefois nécessaires pour confirmer ces résultats.
- Voir le résumé de l’article (en anglais)

Une recherche active sur les maladies à triplet

La DMOP fait partie des maladies dites « à triplet », puisqu’elle est due à des anomalies dans le gène PABPN1 qui conduisent à une augmentation de triplets de nucléotides GCG. Les chercheurs continuent de s’intéresser aux mécanismes et aux stratégies thérapeutiques (édition génomique par CRISPR/Cas9 ou par des petites molécules…) pour ce type de maladie, qui incluent également notamment la dystrophie myotonique de type 1, le syndrome de l’X fragile…
- Voir le résumé de l’article (en anglais)

Un projet de recherche collaboratif

L’étude des maladies rares est compliquée par de nombreux défis, comme la diversité des formes cliniques et le manque de données standardisées. Pour y remédier, un projet EJPRD PROMOT (pour Performing a rare disease-oriented master observational trial) est en cours sur une durée de trois ans et dans six pays dont la France. Le projet propose une approche innovante, le Master Observational Trial (MOT), combinant intelligence artificielle et collecte de données multidimensionnelles (cliniques, génétiques, biologiques). Son objectif est d’améliorer le diagnostic, l’évolution des maladies et la préparation aux essais cliniques, en se concentrant sur cinq maladies neuromusculaires, dont la DMOP.
- Voir les informations sur ce projet de recherche (en anglais)